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L'accès en auditeur libre aux séminaires de l'IHMC est possible, dans la limite des places disponibles. Cependant, en raison du plan Vigipirate, les personnes qui ne disposent pas de cartes d'étudiant ou professionnelles de l'ENS ou de Paris 1 devront se présenter avec une pièce d'identité à l'entrée de l'établissement.
N'hésitez pas à joindre l'organisateur du séminaire ou le chargé de communication de l'IHMC pour plus d'informations.
Pour les séminaires étudiants de l'IHRF, vous devez contacter Thomas Corpet pour vous inscrire quelques jours avant chaque séance à laquelle vous souhaitez assister.

Artl@s – Les femmes dans la mondialisation artistique

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Salle IHMC (esc. D, 3e ét.)
ENS
45 rue d’Ulm, Paris 5e

Les jeudis par quinzaine, 13 h 30 – 15 h 30.

Organisation : Béatrice Joyeux-Prunel (ENS-PSL).

Avec la collaboration de Catherine Dossin, Pr. Associée à l’univ. Purdue, USA, et Léa Saint-Raymond, ATER, Collège de France.

Présentation sur le site d’Artl@s

Artl@s a mis en route en décembre 2017, en collaboration avec l’association AWARE, une étude du rôle des femmes dans la mondialisation artistique et culturelle à l’époque contemporaine – qu’il s’agisse des artistes femmes, de leurs carrières, de leurs expositions, et de la circulation de leurs œuvres, ou des médiatrices de l’internationalisation artistique (collectionneuses, galeristes, critiques d’art, directrices de revues, et autres intermédiaires entre les espaces et les cultures…).

Le séminaire alterne des séances sur l’actualité de la recherche, par l’invitation de spécialistes d’histoire des femmes et plus particulièrement des artistes femmes, stimulé.e.s par notre interrogation transnationale, et des sessions pratiques de formation, à partir de sources sur les femmes, aux méthodes des humanités numériques. Le séminaire propose aussi des ateliers de travail concret à partir de documents historiques dont des catalogues d’expositions, et leur traduction numérique : il forme à la visualisation statistique et cartographique, et à l’utilisation critique de ces méthodes numériques.

Le projet est financé par le labex TranferS et par l’Institut d’Histoire moderne et contemporaine (IHMC, CNRS).

Pour vous abonner à la lite de diffusion, contacter Béatrice Joyeux-Prunel.

Validation : 6 ECTS, sur assiduité et contribution aux travaux du groupe. 
Le séminaire peut être validé dans le cadre des masters « Histoire transnationale » et « Humanités numériques » de PSL (ENC-ENS).
Code GPS : ARTS-MM-HAJP3-A

Séances

Introduction à Artl@s 2018-2019 : Un an sur les femmes dans la mondialisation artistique

Jeudi 20 septembre 2018, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Béatrice Joyeux-Prunel, École normale supérieure, et Léa Saint-Raymond, Collège de France/univ. Paris Ouest Nanterre.

La séance sera l’occasion de présenter les derniers développements du projet Artl@s, notamment son tournant vers l’intelligence artificielle, et d’aborder la manière dont notre année s’articulera pour travailler sur le rôle des femmes dans l’internationalisation artistique

Béatrice Joyeux-Prunel : présentation du projet Artl@s, de ses enjeux, de ses méthodes et de ses outils numériques.

Léa Saint-Raymond : Les arts au prisme de la sociologie du genre : quels enjeux méthodologiques ? ».

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Retours, exils et appartenances. La notion de diaspora dans les œuvres de Maria Magdalena Campos-Pons

Jeudi 4 octobre 2018, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Sabrina Moura (Brésil).

En 2004, l’artiste cubano-américaine Maria Magdalena Campos-Pons (Matanzas, 1959) vint au Sénégal pour préparer sa première exposition sur le sol africain : 3×3 : Three Artists/ Three Projects. Cette exposition devait faire partie du programme de la Sixième Biennale de Dakar. Pour l’occasion, l’artiste choisit de revisiter son installation multimédia Threads of Memory : One Thousand Ways of Saying Goodbye. “Peut-on revenir en un lieu où l’on n’a jamais été auparavant ?” demandait Campos-Pons, décrivant son expérience au Sénégal. En devenant le leitmotiv de l’appréciation critique de Threads of Memory à Dakar, la question énoncée par Campos-Pons évoque les contours d’une mythologie diasporique. Bien qu’ancrés dans des images vagues, ces récits offrent une clé importante pour saisir les pratiques artistiques constituées par des axes de mobilité, dans lesquels le sentiment d’appartenance extrapole des contours géopolitiques définis. De même, la force évocatrice de l’imagerie « retour » apportée par Campos-Pons est constitutive de l’expérience atlantique moderne ; elle a une longue trajectoire discursive. Présent dans les débats politiques et intellectuels des mouvements noirs depuis le XIXe siècle, ce thème remonte aux aspirations d’individus comprenant leur retour sur le continent africain comme un chemin vers une patrie, patrie à la fois idéalisée et tangible.

Sabrina Moura est chercheuse et curatrice, basée à São Paulo au Brésil. Elle termine une thèse de doctorat au département d’Histoire de l’université de Campinas. Passée par un Master d’histoire de l’art et d’esthétique de l’université Paris VIII, et un Master en Management et Conduite de projets culturels à l’université Paris III Sorbonne Nouvelle, elle a conçu et organisé des séminaires et des programmes publics dans diverses institutions, notamment la SESC-SP, le Goethe Institut, Videobrasil, le World Biennial Forum. Elle a édité le livre Southern Panoramas : Perspectives for other geographies of thought (Ed. SESC) , où sont présentées des pratiques artistiques et culturelles sur le concept de Sud Global. En 2016, elle était visiting researcher à l’Institute of African Studies de Columbia University, grâce à un bourse du programme Connecting Art Histories (Getty Foundation/Unicamp). Elle a enseigné à l’université fédérale de Rio Grande do Sul (Porto Alegre, Brésil) et au Museu de Arte de São Paulo (MASP), à l’Instituto Moreira Salles.

Lab – Que faire avec les données « féminines » des bases Artl@s ?

Jeudi 18 octobre 2018, 13 h 30 – 15 h 30

La séance introduira à l’utilisation des bases numériques mises en ligne par Artl@s, avec l’objectif de faire dire le plus de choses possibles aux données de ces bases sur la présence et le rôle des femmes dans l’internationalisation artistique et culturelle. Nous utiliserons en particulier la base mondiale de catalogues d’expositions, 19e-20e siècles (https://artlas.huma-num.fr/map/#/) . Ce projet international collaboratif (plus de 30 contributeurs), en ligne, en accès public intégral, donne accès à toutes les informations textuelles contenues dans les catalogues d’exposition qui y sont intégrés : informations sur les expositions (adresse, date, lieu, comités d’organisation…), sur les exposants (noms, prénoms, adresses, nom du maître, lieux de naissance et parfois de mort, nationalité, pays, …), sur les œuvres (N° au catalogue, titre, sous-titre, date, dimension, nom du collectionneur, lieu de conservation, prix, etc.). L’interface d’interrogation permet des recherches ponctuelles (quel artiste a exposé telle œuvre en telle date), et des recherches expertes (où habitaient les collectionneurs étrangers de tel artiste entre telle et telle année). L’interface de visualisation des résultats est cartographique, chronologique et quantitative.

Autour d’Ana Mendieta

Jeudi 8 novembre 2018, 13 h 30 – 15 h 30

Attention : cette séance se tiendra en salle Dussane, toujours à l’ENS, au 45, rue d’Ulm.

Séance animée par Esther Ferrer et Shelley Rice, en partenariat avec le Jeu de Paume (www.jeudepaume.org).

Ce séminaire se veut une conversation à trois entre l’artiste Esther Ferrer, la critique et historienne Shelley Rice et le public, autour de la vie et de l’œuvre de l’artiste Ana Mendieta. Les étudiants doivent voir au préalable son exposition au Musée du Jeu de Paume, qui tourne autour des courts métrages de l’artiste, et formuler des questions sur les expériences de Mendieta dans les années 1970 et 1980 en tant qu’artiste cubaine américaine vivant à New York et travaillant à l’international. Ces questions devront être écrites et remises à Rice et Ferrer à l’avance, qui aborderont les problèmes à travers le prisme de leurs propres expériences au cours de ce moment historique particulier.

Ferrer est une artiste féministe espagnole qui vit depuis longtemps en France, et Rice était compagne de voyage et collègue de Mendieta à New York. En tant que journaliste et féministe pendant cette période, Mme Rice a partagé ses amis, ses préoccupations et son activisme politique avec Ana jusqu’à sa mort prématurée en 1985. Shelley Rice commencera la discussion par une brève présentation des œuvres de Mendieta et de Ferrer pour préparer les interactions qui suivront, alors que les deux femmes d’expérience parleront de l’art de Mendieta et des contours de la vie d’une femme dans le monde de l’art – tant local que mondial – il y a près de 50 ans. Elles tenteront ensuite de répondre aux questions posées par des jeunes femmes curieuses au sujet de cette artiste importante et de sa pertinence pour la politique sexuelle du 21e siècle.

Jeudi 8 novembre 2018. Ecole normale supérieure, Salle Dussane, 13h30-15h30.

Cette session est organisée en collaboration avec le Jeu de Paume, Paris.

Lien vers l’exposition : Ana Mendieta. Le temps et l’histoire me recouvrent. Jeu de Paume, Concorde, du 16 octobre 2018 au 27 janvier 2019.

Esther Ferrer est plasticienne et performeuse, à partir de 1966, seule ou au sein du groupe espagnol ZAJ. Elle a toujours privilégié la pratique éphémère de l’art/action. À partir des années 1970, elle consacre une partie de son activité aux arts plastiques, installations, photos, tableaux basés sur la série des nombres premiers, etc. Elle a représenté l’Espagne à la Biennale de Venise en 1999, elle a reçu entre autres, le Prix National des Arts Plastiques d’Espagne 2008 et en 2014 le prix Velazquez., et le prix MAV (Mujeres en las Artes Visuales) .E. Ferrer, a exposé dans de nombreuses galeries, musées et foires et a participé, en tant que performeuse, à de très nombreux festivals internationaux. Se deux dernières expositions : Toutes les variations ont valables comprise celle ci (Museo Centro de Arte Reina Sofía) – 2017 et Espacios entrelzados – ( Museo Gugenheim-Bilbao), 2018. Elle est également l’auteure de deux pièces radiophoniques .

Shelley Rice est Professeure d’Art à New York University, entre les départements de Photography et d’image, et d’Histoire de l’Art. Elle est l’auteure de Parisian Views, l’éditrice de Inverted Odysseys : Claude Cahun, Maya Deren, Cindy Sherman, et co-auteure de plusieurs livres et catalogues – notamment The Book of 101 Books, Paris et le Daguerreotype, Jacques Henri Lartigue : D’air et d’Eau and, most recently, ORLAN EN CAPITALES. Ses essais sont parus dans des revues comme Art in America, Artforum, The Art Newspaper, Bookforum, Aperture, Tate Papers, French Studies and Etudes Photographiques. Elle a été bloggeuse et journaliste invitée pour les émissions radiophoniques du lemagazine.jeudepaume.org à Paris. Rice a reçu plusieurs bourses de recherche et prix – une Guggenheim Fellowship, deux bourses Fulbright (vers la France et la Turquie), un prix du National Endowment for the Humanities and the Arts, une Hasselblad Research Fellowship and the PEN/Jerard Award (essais de non-fiction). En 2010 elle a été décorée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres ; en 2015 elle a reçu le prix David Payne Carter for Teaching Excellence à la Tisch School of the Arts, NYU.

Postérité et internationalisation. Veuves d’artistes et vies posthumes des œuvres (1945-1980)

Jeudi 29 novembre 2018, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Julie Verlaine, université Paris 1.

Figures remarquables mais souvent décriées, et toujours oubliées dans le grand récit de la vie du « génie » qu’elles ont côtoyé, les veuves d’artistes jouent cependant un rôle fondamental dans l’histoire posthume des œuvres, en termes de visibilité, de réputation et de transmission. Fondée sur un petit groupe fortement identifié dans l’histoire de l’art et de son marché – les veuves d’artistes abstraits décédés avant ou pendant la Seconde Guerre mondiale – notre enquête nous a fait découvrir leurs archives, souvent inédites, dispersées et permis de comprendre leur rôle, sur le marché de l’art, dans l’élaboration des premières histoires de l’abstraction, mais aussi au moment de faire entrer ces œuvres au musée par des achats, des dons ou des legs.

Julie Verlaine est maîtresse de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Elle est spécialiste du marché de l’art, et des femmes galeristes à l’époque contemporaine.

Parmi ses publications : Daniel Templon, une histoire d’art contemporain, Paris, Flammarion, 2016, 413 p. ; Femmes collectionneuses d’art et mécènes, de 1880 à nos jours, Paris, Hazan, 2014, 288 p. ; Les Galeries d’art contemporain à Paris. Une histoire culturelle du marché de l’art, 1944-1970, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012, 586 p.

Page personnelle sur le site du Centre d’Histoire sociale du XXe siècle.

Comment peut-on être international(e) ? Artistes, genre et frontières au tournant du XIXe siècle

Jeudi 6 décembre 2018, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Séverine Sofio, CNRS.

Dans l’immense majorité des cas, les carrières des artistes femmes ayant exposé au Salon, à Paris, au tournant du XIXe siècle présentaient un centre de gravité esthétique et professionnel situé en France. En comparant néanmoins avec la situation de leurs collègues masculins, on se propose, d’une part, d’examiner en quoi peut consister « l’internationalisation » d’une carrière d’artiste à cette époque ; on se demandera, d’autre part, si, à partir des quelques cas de carrières féminines transnationales identifiées entre les années 1780 et les années 1820, il est possible de produire une typologie des profils et quels éclairages cette opération peut amener tant sur l’histoire sociale des artistes, que sur celle des circulations internationales des artistes et des oeuvres de cette période.

Séverine Sofio est sociologue, chargée de recherches au CNRS. Ses travaux portent sur le genre et la construction des différences entre les sexes, notamment dans les arts (peinture, sculpture, gravure), et sur la culture visuelle en Europe aux XVIIIe-XIXe siècles. Elle s’intéresse aussi à la sociologie des arts et de la culture à l’époque contemporaine, à la sociologie du travail audiovisuel, à la production et la post-production (montage) des séries télévisées. Elle est notamment l’auteure de Artistes femmes : la parenthèse enchantée, XVIIIe-XIXe siècles, Paris, CNRS éditions, series : « Culture & société », 2016, 380 p.

Page personnelle sur le site du CRESPPA (Centre de Rercherches sociologiques et politiques de Paris).

Lab – Pister les femmes dans les expositions internationales

Jeudi 20 décembre 2018, 13 h 30 – 15 h 30

Séance annulée

Cette séance de l’ Artl@s’ Lab propose un atelier de travail collectif sur les femmes présentes dans les collections de catalogues mises à disposition par la base Artl@s (accès direct : :https://artlas.huma-num.fr/fr/database/). Nous tracerons la présence de ces femmes, leur représentation selon les lieux d’exposition, les types de Salons concernés, selon les époques. Nous étudierons quelles exposantes apparaissent le plus souvent, et quelles sont leurs trajectoires d’internationalisation. Nous mettrons en place des stratégies pour étudier plus précisément ces trajectoires – notamment par des sondages en archives.

Lab – Comment étudier la circulation internationale des femmes artistes ? Les femmes dans la base de catalogues Artl@s

Jeudi 10 janvier 2019, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Béatrice Joyeux-Prunel, ENS.

Cette séance du séminaire propose une introduction concrète au travail sur les bases d’ARtl@s, en particulier la base mondiale de catalogues d’expositions (https://artlas.huma-num.fr/map/#/).

La séance sera consacrée au repérage et à la mise en évidence des circulations internationale des artistes femmes au XXe siècle. On apprendra à analyser la composition sociale de cette population, à mettre en évidence des trajectoires plus ou moins internationales, et à cartographier ces trajectoires (séance du 24 janvier).

S’assurer de venir avec une bonne connexion internet (eduroam), et des outils minimaux d’analyse computationnelle (tableur libreoffice, xls, calc ou équivalent).

Lab – Cartographier les circulations internationales des artistes femmes

Jeudi 24 janvier 2019, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Béatrice Joyeux-Prunel, ENS.

Cette séance, qui prolonge celle du 10 janvier, vise à acquérir les compétences minimales pour cartographier les circulations d’artistes femmes repérées dans les catalogues de la base Artl@s.

Les participants doivent avoir travaillé, depuis le 10 janvier, à compléter et nettoyer les données qu’ils souhaitent cartographier.

S’assurer d’avoir préalablement installé les deux logiciels suivants :

Lab – Les œuvres des femmes en circulation, approche numérique

Jeudi 7 février 2019, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Béatrice Joyeux-Prunel, ENS.

Cette séance vise à travailler collectivement sur les oeuvres d’artistes femmes répertoriées dans la base Artlas de catalogues d’expositions, pour envisager comment pister la circulation internationale de ces oeuvres.

Venir avec un ordinateur et s’assurer d’avoir une connexion internet (eduroam).

Femmes médiatrices au prisme des catalogues d’expositions. Une approche numérique

Jeudi 21 février 2019, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Béatrice Joyeux-Prunel, ENS.

Cette séance sera consacrée au repérage, dans les catalogues d’expositions recensés par la base Artl@s, des femmes intermédiaires de la circulation mondiale de l’art : collectionneuses, galeristes, artistes médiatrices. Nous reprendrons les outils et les compétences acquises lors des séances précédentes (approche computationnelle, cartographie numérique), en y ajoutant si le temps le permet l’analyse de réseaux.

Venir avec un ordinateur et s’assurer d’avoir une connexion internet (eduroam).

Les pionnières de l’art contemporain en Turquie

Jeudi 21 mars 2019, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Perin Emel Yavuz, CNRS.

Programme bientôt en ligne.

Perin Emel Yavuz (CNRS, IC Migrations) est historienne et théoricienne de l’art. Docteure de l’EHESS, elle a consacré sa thèse à la narrativité photographique et textuelle dans l’art contemporain européen et américain des années 1970. Ses recherche actuelles se concentrent sur l’exploration de l’apparition de l’art contemporain en Turquie et en ex-Tchécoslovaquie. Depuis 2014, elle co-anime le groupe de recherches sur les arts visuels au Maghreb et au Moyen-Orient,19e-21e s. (www.arvimm.hypotheses.org).

Aphrodite-Vénus, « femme de l’art par excellence » – Analyse et méta-analyse d’une collection thématique de recherche

Jeudi 4 avril 2019, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par K. Bender, chercheur indépendant

Pourquoi Vénus est-elle ‘cette femme par excellence’ ? Parce qu’ elle fut la toute puissante Déesse de l’amour et la plus belle ? parce qu’en astrologie ses ‘Enfants’ la célébraient ? Parce qu’elle fut la ‘muse érotique’ … de Botticelli, Cranach, du Titien, de Rubens, Velazquez, Boucher, … jusqu’à Cézanne, Dalí, Picasso, Warhol, Twombly, Arman etc. ? ou est-ce toujours Tannhäuser qui veut retourner au ‘mont de Vénus’ ?

Nous préférons examiner tout cela d’un point de vue analytique ou ‘quantitatif’, à partir d’une collection numérique de 20 000 œuvres d’art (sculptures, dessins, tableaux, fresques, gravures et illustrations), réparties du Moyen âge au Temps modernes, qui représentent Vénus et dont les noms des artistes sont identifiés. Quelles sont les œuvres d’art – les ‘faits’ – et comment et combien de fois Vénus est-elle présentée à travers l’histoire ? Outre cette observation ‘nominale’ ou ‘catégorique’, nous appliquons une deuxième mesure, ‘ordinale’ : combien de fois Vénus a-t-elle été exposée par un artiste ? La troisième mesure, dite ‘d’intervalles’, observe la fréquence des œuvres dans le temps.

Cette approche requiert un bon usage de la statistique : une population– indéfinie en art ; un échantillonnage – jamais ‘aléatoire’ en art ; et une comparaison entre échantillons (méta-analyse) – l’homogénéité est essentielle. L’exercice renforce notre compréhension de la création artistique, nous raconte la dissémination du thème par le biais des gravures et des illustrations, la répétition et les variantes des compositions ; il nous informe sur les préférences du marché. Mais avant tout, le travail dévoile l’apport de tant d’artistes oubliés qui pourtant ont contribué à la culture artistique et générale de leur temps. C’est l’intérêt du ‘distant viewing’ en histoire de l’art, par analogie avec le ‘distant reading’ en histoire de la littérature.

Lab – Présentation des travaux des étudiants

Jeudi 18 avril 2019, 13 h 30 – 15 h 30

Liste et résumés des présentations seront mis en ligne en janvier 2019.

Race, ethnicité et empathie. Les femmes radicales de l’art latino-américain, 1960-1985

Jeudi 9 mai 2019, 13 h 30 – 15 h 30

Séance animée par Andrea Giunta, université de Buenos Aires (Argentine).

En partant des œuvres de l’exposition Femmes radicales : Art latino-américain, 1960-1985, j’analyse un ensemble d’œuvres en relation avec les concepts de race, d’ethnicité et d’empathie. Cette présentation examinera les difficultés que pose l’analyse de telles perspectives dans l’art latino-américain et la nécessité de repositionner nos pratiques afin de problématiser le canon de l’art, tant du point de vue du genre que de la race.

Andrea Giunta est historienne de l’art et conservatrice spécialisée en art latino-américain et contemporain. Elle a obtenu son doctorat à l’Université de Buenos Aires, Argentine, où elle est professeur d’art latino-américain à la Faculté de Lettres. Elle est également chercheuse au CONICET, Conseil national de la recherche en Argentine. Elle a été titulaire de la Chaire d’histoire de l’art et de critique latino-américaine à l’Université du Texas à Austin, où elle a également été directrice fondatrice du Center of Latin American Visual Studies (2008-2013) et où elle est chercheur invitée. Andrea Giunta a reçu plusieurs prix, du Guggenheim, de la Getty Foundation et la Rockefeller Foundation Fellowship. Elle a reçu une bourse de la faculté Donald D. Harrington de l’Université du Texas à Austin et la chaire de professeur invité Tinker à Columbia, New York. Différentes universités ont reconnu son travail en l’invitant comme conférencière principale (Harvard, Université de Chicago, Berkeley, New York University, Chicago Art Institute, Columbia University, EHESS). Elle a donné des conférences dans des musées comme le MoMA, le Reina Sofía, le Getty Institute, le MFAH, le Malba, la Pinacoteca de São Paulo, le MUAC-UNAM, etc. Parmi ses livres, Verboamérica (2016, avec Agustín Pérez Rubio) ; When Does Contemporary Art Begin ? (2014) ; Escribir las imágenes. Ensayos sobre arte argentino y latinoamericano (2011) ; Objetos mutantes. Sobre arte contemporáneo (2010) ; Poscrisis. Arte argentino después del 2001 (2009) ; El Guernica de Picasso : el poder de la representación. Europa, Estados Unidos y America Latina (2009) ; Avant Garde, Internationalism and Politics. L’art argentin dans les années soixante (2007, 1ère édition espagnole 2001).

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