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09001800. La sortie de la guerre

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Salle Histoire (2e étage, escalier D)
ENS, 45, rue d’Ulm, Paris 5e

Hervé Drévillon, Virginie MartinSébastien Schick, Paul Vo-Ha et Blaise Wilfert 

L’arrêt des combats constitue un prisme fécond pour interroger l’objet « guerre », car la manière dont le conflit s’arrête dit la guerre qui est pensée et menée. Le sort réservé aux vaincus marque en effet le moment où la politique et la négociation, jamais abandonnées pendant le conflit, reviennent sur le devant de la scène mais restent largement conditionnées par l’évolution des rapports de force sur le terrain militaire.

Le traitement réservé à l’adversaire défait, dans le cadre de la micro diplomatie à l’échelle des capitaines, comme dans les négociations diplomatiques à l’échelle interterritoriales ou interétatiques, dit la nature de la guerre conduite par les belligérants et permet de questionner les adjectifs parfois employés pour la qualifier ou la penser, du point de vue des acteurs comme des historiens : c’est souvent au prisme du sort des vaincus que des qualifications comme celle de guerre « réglée », « limitée », « en dentelles », ou au contraire de guerre « totale » ou d’« anéantissement » ont pu être forgées, autant de concepts-écrans, qui finissent parfois par occulter le coeur de l’objet « guerre ».

La journée pourrait interroger les rituels et les gestes de cessations des hostilités et de paix, les acteurs impliqués dans ces négociations, les clauses accordés aux vaincus, pour questionner l’hypothèse d’un modèle transactionnel de la guerre, fondé sur l’économie des moyens humains et matériels, qui laisse souvent une place importante à la négociation. Le concept de « sortie de guerre », inclut également des thèmes plus ambivalents, comme celui de « pacification », qui mêle répression militaire, surveillance policière, épuration politique, ethnique ou confessionnelle et accommodements. Car la fin du combat, comme la fin de la guerre, sanctionnée par les traités diplomatiques, n’implique pas toujours, loin s’en faut, une sortie de la violence.

L’objet « sortie de guerre/sortie du combat » peut aussi être l’occasion de s’intéresser à la manière dont acteurs et historiens disent, traitent, perçoivent et quantifient la violence.

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