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09301630. « La sortie de la guerre » et « Nouvelles approches de l’histoire du genre »

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Salle Histoire (2e étage, escalier D)
ENS, 45, rue d’Ulm, Paris 5e


9 h 30 – 13 h 15 : La sortie de la guerre
Olivier Aranda, Hervé Drévillon, Virginie MartinSébastien SchickMarie-Bénédicte Vincent, Paul Vo-Ha et Marion Weckerle 

L’arrêt des combats constitue un prisme fécond pour interroger l’objet « guerre », car la manière dont le conflit s’arrête dit la guerre qui est pensée et menée. Le sort réservé aux vaincus marque en effet le moment où la politique et la négociation, jamais abandonnées pendant le conflit, reviennent sur le devant de la scène mais restent largement conditionnées par l’évolution des rapports de force sur le terrain militaire.

Le traitement réservé à l’adversaire défait, dans le cadre de la micro diplomatie à l’échelle des capitaines, comme dans les négociations diplomatiques aux échelles interterritoriales ou interétatiques, dit la nature de la guerre conduite par les belligérants et permet de questionner les adjectifs parfois employés pour la qualifier ou la penser, du point de vue des acteurs comme des historiens : c’est souvent au prisme du sort des vaincus que des qualifications comme celles de guerre « réglée », « limitée », « en dentelles », ou au contraire de guerre « totale » ou d’« anéantissement » ont pu être forgées, autant de concepts-écrans, qui finissent parfois par occulter le coeur de l’objet « guerre ».

La journée pourrait interroger les rituels et les gestes de cessations des hostilités et de paix, les acteurs impliqués dans ces négociations, les clauses accordés aux vaincus, pour questionner l’hypothèse d’un modèle transactionnel de la guerre, fondé sur l’économie des moyens humains et matériels, qui laisse souvent une place importante à la négociation. Le concept de « sortie de guerre », inclut également des thèmes plus ambivalents, comme celui de « pacification », qui mêle répression militaire, surveillance policière, épuration politique, ethnique ou confessionnelle, et accommodements. Car la fin du combat, comme la fin de la guerre, sanctionnée par les traités diplomatiques, n’implique pas toujours, loin s’en faut, une sortie de la violence.

L’objet « sortie de guerre/sortie du combat » peut aussi être l’occasion de s’intéresser à la manière dont acteurs et historiens disent, traitent, perçoivent et quantifient la violence.

Présidence de séance : Claire Zalc

  • Paul Vo-Ha, Hervé Drévillon : « Négocier l’arrêt des combats, sortir de la violence ? Redditions et micro diplomatie à l’échelle des capitaines des guerres d’Italie à la Révolution ».
  • Virginie Martin, Sébastien Schick : « Sortir de la guerre par la diplomatie à la fin de l’époque moderne ? Pratiques, problèmes et enjeux de la négociation en temps de guerre »
  • Olivier Aranda : « Les guerres maritimes de la Révolution au prisme de leur sortie : l’armistice naval de 1801 et l’expédition de Saint Domingue »
  • Marion Weckerle : Sortir de la Première Guerre mondiale dans l’aéronautique : développement et surveillance de l’hydraviation allemande, 1919-1922
  • Marie-Bénédicte Vincent : Sortie de guerre en Allemagne occupée : le gouvernement militaire français et les procédures d’épuration et de des-épuration de l’administration allemande (1945-1949)

14 h 30 – 16 h 30 : Nouvelles approches de l’histoire du genre 
Marine Carcanague, Nina Kushner, Nicolas Offenstadt

La série de vidéos de l’IHMC, « Inégales face à l’histoire. Me Too avant le hastag », destinée à un public large, permet d’aborder différentes thématiques liées aux rapports de genre dans la longue durée. Elles partent d’un cas particulier (un événement, une figure féminine, une thématique…),et mettent en lumière des problématiques liées à l’inégalité (politique, sociale, légale, professionnelle, etc.). La contextualisation des rapports de genre au cœur des sociétés médiévales, modernes et contemporaines est donc au coeur de ces vidéos, qui posent également la question de comment renouveler la vulgarisation historique.

Nina Kushner, professeure accueillie à l’IHMC, interviendra sur le thème « Sexuality, Identity, and the Self in the Eighteenth Century ». 

Historians generally consider homosexuality (and hence heterosexuality) as the only sexual identities available to citizens of the eighteenth century. But was there a broader connection between sexual behavior, identity, and the self in this period ?  Nina Kushner (Clark University) will tackle this question using a wide range of sources— from police reports and legal treatises, to novels and memoirs.

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Institut d'histoire moderne et contemporaine
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