Accueil > Recherches > Les axes de recherche > Axe 2. Réformes, révolutions et formes du religieux et du politique

1 - Réformes et construction du politique

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Le mot réforme a une signification religieuse. Ecclesia semper reformanda. Cette involution dans l’originel, ce désir de retour aux sources de la foi produit une rhétorique de l’abus, du déclin, de la régénération, de la conversion. Mais il faut dépasser cette logique qui fait de la réforme une correction des abus pour comprendre la dynamique réformatrice, ses aspirations et les enjeux d’autorité qui l’animent. La réforme religieuse peut émaner de la hiérarchie et opérer une restauration conservatrice, comme elle peut engendrer de la nouveauté, sous couvert de retourner au passé. Elle peut provoquer de la rupture dans la tunique sans couture du Christ, mais aussi dans la société qui se pense alors comme un corps mystique. Que ce soit à l’échelle de la chrétienté ou des communautés religieuses et universitaires, l’idée de réforme est un objet de réflexion pour I. BRIAN, T. AMALOU et J.-M. LE GALL.

Depuis la fin du Moyen Âge, la réforme a aussi un usage dans le vocabulaire politique. Elle vise tantôt à justifier la contestation du pouvoir tel qu’il s’exerce en invoquant le bon temps de Saint Louis ou de Louis XII... A ce titre, la réforme est inhérente aux justifications de la révolte. Mais elle est aussi une aspiration portée par l’Etat pour accroître son intervention, par exemple dans le cas de la réformation des coutumes, ou pour rationaliser les pratiques sociales et étatiques. La réforme participe à la crédibilité du pouvoir sur lequel travaille K. Béguin en interrogeant au delà du système du crédit public les conditions politiques, et donc aussi institutionnelles de la crédibilité et de la confiance.

Ainsi dans le cadre du travail de K. BEGUIN, commence à poindre la relation dialectique entre la révolte et le refus d’une politique jugée arbitraire ou sans fondement de justice, et la nécessité de refonder de nouvelles règles comme projet politique soutenant le refus du présent. La révolte est porteuse de normes à son tour.

C’est en prenant en compte cette profonde polysémie et cette ambiguïté de l’idée de réforme qu’une réflexion peut s’engager sur son évolution pluriséculaire. Comment passe-t-on d’une réforme inscrite dans une temporalité cyclique à une réforme rationalisatrice, pratiquant l’aggiornamento sans rupture. Et comment articuler le désir de réforme avec l’événement révolutionnaire ?

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