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Le corporatisme des marchands

Fonctions et mutations du commerce incorporé en Europe occidentale (fin xviie–début xixe siècles)

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Mardi 19 septembre, 9 h 30 à 18 h, salle Denys Lombard, EHESS, 96, boulevard Raspail, Paris 6e

Journée d’études organisée par : 
Laurence Croq (CHISCO, Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense)
Nicolas Lyon-Caen (IHMC, CNRS)
Mathieu Marraud (CRH, CNRS)
Philippe Minard (IDHE.S, Université de Paris 8 et EHESS)

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Affiche de la journée

Site de la journée d’études sur le site de l’EHESS

Intervenants

Laurence Croq (Université Paris Nanterre-CHISCO)
Fabriquer ou vendre ? les combinaisons du travail artisanal et marchand dans les communautés de métiers parisiennes au xviiie siècle

Émilie Fiorucci (Institut Européen de Florence)
La mercerie vénitienne aux xvie-xviie siècles, entre projet hégémonique et résistances artisanales

Guillaume Foutrier (IDHE)
L’attribution du travail aux uns et du trafic aux autres, tel est l’ordre du Commerce : enjeux et réalités de la séparation du commerce et de la fabrique dans le système corporatif (Rouen, xviie-xviiie siècles)

Guillaume Garner (École Normale Supérieure de Lyon)
Corporatisme marchand et production de marchandises : le cas de Mayence dans la seconde moitié du xviiie siècle

Agustín Gonzalez-Enciso (Universidad de Navarra)
Merchant corporatism in Eighteenth Century Spain and the Five Great Guilds of Madrid Merchant corporatism in Eighteenth Century Spain and the Five Great Guilds of Madrid

Nicolas Lyon-Caen (CNRS-IHMC)
La bonneterie parisienne : entre segmentation corporative et continuités professionnelles

Mathieu Marraud (CNRS-CRH)
Incorporer : capture et consolidation des droits parmi les métiers marchands parisiens

Depuis longtemps sujet à controverses, le rôle des corporations dans la société d’Ancien Régime a depuis une quinzaine d’années été réévalué, en particulier pour ce qui concerne le processus de fabrication des biens manufacturés, dont l’organisation collective du travail a assurément permis la complexification technique. Concomitante de profondes mutations commerciales, l’incorporation des activités marchandes n’a pas (ou peu) fait l’objet d’une telle réflexion, et quand bien même cela a pu être le cas, on n’a guère examiné ses résonances concrètes dans les champs économiques, politiques et sociaux où elle se manifeste.

Ce colloque voudrait donc poser la question du corporatisme marchand en interrogeant à la fois sa singularité, mais aussi ses affinités avec le corporatisme artisanal, c’est-à-dire envisager ses échelles d’intervention, de la ville au supra-national, de la confection à la commercialisation, de l’action économique à l’encadrement politique, de la discipline familiale à l’identité territoriale ou confessionnelle, etc. La multiplicité des communautés marchandes est-elle réductible à une essence commune qui transcenderait les contextes locaux ? Jouissant le plus souvent de monopoles sur l’écoulement des produits, ces communautés emportent-elles une catégorisation différente des hommes et des choses ? Afin de mieux rendre compte de ces diverses échelles, l’espace géographique envisagé intègre une dimension comparative entre différentes aires européennes, inégalement travaillées sous l’angle des économies incorporées (France, Allemagne, Europe du Sud).

La réflexion pourrait suivre quatre axes majeurs :

Le périmètre de l’incorporation marchande. Quels sont les gestes économiques, les normes, les comportements sociaux sujets à l’incorporation ? Quels sont les actes imputables à la corporation et qu’est-ce qui relève des choix propres de ses membres ?

La relation réciproque qu’entretiennent les autorités, locales ou souveraines, avec les corporations. Quel est l’impact du travail de réglementation sur l’activité corporative, sur sa définition ? Et inversement, quel est l’impact d’une organisation corporative des marchandises sur ces pouvoirs ?

Les relations entre corporations marchandes et artisanales. Sont-elles concurrentes ou complémentaires ? Comment s’organisent-elles dans l’espace ? Comment articuler les modèles économiques d’analyse des relations entre les marchands et les fabricants (Verlagssystem, domestic system…) avec l’évolution des valeurs et pratiques des communautés marchandes ?

L’accès féminin à l’économie marchande. Comment la présence des femmes se formalise-t-elle dans l’appartenance à la corporation ? Quelles sont les différences avec le monde artisanal, aujourd’hui mieux connu sous cet angle du genre ?

Il s’agit en somme d’examiner l’horizon de singularité du corporatisme marchand, le terrain exact de ses actions et de ses taxinomies sur la société d’Ancien Régime. Sans négliger la structuration des échanges économiques, nous souhaitons inviter à mieux prendre en compte toutes les autres dimensions du fait corporatif.

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Institut d'histoire moderne et contemporaine
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