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Les étrangers au coeur des sociétés médiévales et modernes

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Les étrangers au coeur des sociétés médiévales et modernes
Foreigners 
in the Deep Heart of Medieval and Early Modern Societies (Europe, the Mediterranean and the Muslim World)

Conférence internationale organisée par Francisco Apellániz (Marie Curie fellow, Institut Universitaire Européen), David Do Paço (Max Weber fellow, Institut Universitaire Européen), Cédric Quertier (membre de l’École Française de Rome et Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

Mercredi 18, jeudi 19, vendredi 20 juin 2014
Via dei Roccettini 9 Fiesole, Italie (50014)

Partenaire : CRHM-IHMC, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / École Normale Supérieure, Département d’Histoire et de Civilisation, Institut Universitaire Européen, École Française de Rome, ERC ConfigMed, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, LaMOP, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Max Weber Programme, Institut Universitaire Européen.

Contact : David Do Paço (david.dopaco [at] eui.eu
télécharger le programme (pdf)


 À travers ce colloque international nous proposons de considérer l’étranger non plus comme un acteur marginal permettant, en creux, d’étudier les sociétés dans lesquelles il évolue mais, au regard du fécond renouveau historiographique, nous l’envisageons au cœur de ces sociétés. Loin d’être un accident face à la norme, sa présence y est régulière, banale et familière. Minorité dans un monde de minorités, ceux que nous désignons comme « étrangers » nous invitent à une histoire interrogeant les méthodes et les cadres intellectuels de nos travaux portés sur les sociétés médiévales et modernes européennes et méditerranéennes.

L’histoire des étrangers connaît un renouvellement important tant par l’étude de la diversité de leurs origines que par celle de leur présence. Nous considérons ici les étrangers d’abord à partir de l’ensemble des droits reconnus dans leur cadre d’action, lié à une éventuelle protection politique. Aussi, l’extranéité peut-elle conférer aux étrangers des privilèges qui autorisent autant qu’ils circonscrivent leurs actions. Elle désigne ainsi un ensemble asymétrique de minorités juridiques dans des sociétés médiévales et modernes où la diversité légale est la norme. L’étranger se définit donc à travers une déclinaison de privilèges individuels ou collectifs et son histoire s’écrit dans le cadre social et politique de l’action d’un individu ou d’un groupe. Le statut des étrangers peut résulter de la volonté d’une autorité juridique de protéger certains groupes locaux de leur présence, en marginalisant ou avantageant une communauté, ou d’une opportunité pour une élite gouvernementale de fragiliser des concurrents en promouvant l’essor de nouveaux venus. Alors, l’extranéité concerne-t-elle une grande partie de la population urbaine.
En effet, le statut juridique ne préjuge pas seulement de l’intégration des étrangers dans une société. Il faut le différencier de la question du lien social qui, elle, invite à observer les étrangers en fonction des alliances qu’ils tissent des protections sous lesquelles ils se placent ou qu’ils accordent. De ce fait, l’intégration ne trouve pas nécessairement comme paroxysme la naturalisation de l’étranger dans la mesure où l’extranéité peut conférer plus de droits que ne peuvent en espérer des « sujets naturels », et donc rendre la présence des étrangers attractive et productrice de liens tout autant que de conflits. L’histoire de l’intégration ne peut pas se lire dans un rapport frontal entre « sujets naturels » et « sujets étrangers » mais en fonction des relations interdites, possibles, réalisées ou rompues entre deux minorités issues de l’un ou l’autre groupe. L’histoire des étrangers révèle et rend plus évidente encore celle de la société dans laquelle ils évoluent, celle de la plus ou moins grande efficacité des liens qu’ils tissent, au point parfois de mettre en cause la pertinence de la notion d’étranger pour les sociétés d’Ancien Régime.
Afin de déplacer au mieux notre regard nous avons invité à communiquer professeurs, docteurs et doctorants travaillant sur l’ensemble de l’espace européen et méditerranéen (Europe atlantique, Europe centrale et orientale, monde ottoman, Europe du Nord, Proche Orient… ). La diversité et l’inégalité des sources disponibles (étatiques, municipales, consulaires, notariées, seigneuriales, privées…) autant que la variété des contextes (villes libres, villes seigneuriales, ports francs, espace ruraux…) nous permettent d’interroger au mieux les travaux récents et de distinguer les logiques de l’intégration et leurs limites.

Mercredi 18 juin 2014 : Une histoire par le droit
10h30-12h Cappella (Villa Schifanioa) puis Max Weber Common Room (Badia Fiesolana)

Introductions : F. Apellániz, D. Do Paço, C. Quertier

14h-16h – (1) Cours de justice et sociétés

F. Apellániz (Institut Universitaire Européen) : ‘Solving Conflict in Mediterranean Complex Environments : Europeans at Markets and Courts in the Late Medieval Middle East (1350-1500)’.
A. B. Fernández Castro (Institut Universitaure Européen) : ‘Judging Foreignness in the Audience of the House of Trade of Seville (1583-1598)’.
J. Wubs-Mrozewicz (U. Leyden) : ‘Conflict resolution with foreigners in the Hanse area in the fifteenth and sixteenth century : law and diplomacy’.

16h30-18h30 – (2) Politiques d’extranéité 

R. Dorin (Harvard University) : ‘From Jew to Foreigner : Canon Law and the Expulsion of Jews in the Late Middle Ages’.
M. Monge (U. Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : ‘De l’accueil à l’exclusion. Les étrangers à Cologne dans la deuxième moitié du XVIe siècle’.
J. M. Escribano Páez (Institut Universitaire Européen) : ‘Italian merchants in Iberian and Maghreb’s cities between the XVth and XVIth Centuries’.

Jeudi 19 juin 2014 : Communautés et éléments d’extranéité.
Max Weber Common Room (Badia Fiesolana)

10h-12h : (1) Identifier les étrangers.

C. Quertier (École Française de Rome) : ‘Le marchand florentin à Pise : de l’homme invisible à la nation marchande la plus privilégiée (XIVe siècle)’.
M. Pakucs (Institut ‘Nicolae Iorga’, Bucarest) : ‘The pernicious nation of the Greeks : ‘Greek’ merchants in Transylvania, sixteenth-seventeenth centuries’.
M. Grenet (U. Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ERC ConfigMed) : ‘Un cosmopolitisme de frontière ? Marchands ’étrangers’ et fabrique des identités locales dans les Iles Ioniennes au XVIIIe siècle’.

14h-16h : (2) Migrations et liens sociaux. 

F. Bettarini (U. Reading) : ‘Foreign communities in Dubrovnik in XVth century : selection and naturalisation’.
C. Tarruell (École des Hautes Études en Sciences Sociales/Universidad Autónoma de Madrid) : ‘L’accueil de musulmans et de juifs venus « de leur propre volonté » au sein de la Monarchie hispanique (fin XVIe – début XVIIe siècles)’.
M. Gasperoni (École Française de Rome) : ‘Les hommes circulent et s’échangent. Phénomènes migratoires entre Marches et Romagne à l’époque moderne’.

16h30-18h : (3) Appartenir.

O. Mercan (Institut Universitaire Européen) : ‘Italian communities in Istanbul in the late 15th and 16th c.’.
S. Montemezzo (U. Verona) : ‘Being alien merchants in a capital city. Venetians in London and Bruges at the end of 15th century’.
V. McGuire (Max Weber Programme, Institut Universitaire Européen) : ‘Franco-Levantines : Reading citizenship and national belonging through the history of the merchants of Venice’.

Vendredi 20 juin 2014 : Lien social et polarisation de la présence.
Max Weber Common Room (Badia Fiesolana)
 

10h-12h : (1) Géographie.

D. Do Paço (Max Weber Programme, Institut Universitaire Européen) : ‘From modern Pacific to early modern Central Europe : on Marshall Sahlins’ process of indeginization’.
M. Couderc (U. Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : ‘La cour, matrice d’intégration. Les ‘Grecs’ en Europe du Nord-ouest (Angleterre, Bourgogne et France), XVe siècle.’.
S. Nadalo (Northwestern University / Paris College of Art) : ‘From Market to Synagogue : Locating Pluralistic Sociality in the Free Port of Livorno’.

14h-15h30 : (2) L’insoutenable légèreté des périphéries. 

A. Lestremau (U. Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : ‘He ælþeodige unsida lufode. Rois, ducs et étrangers dans l’Angleterre anglo-saxonne au XIe siècle’.
K. Prajda (Institute of History, Hungarian Academy of Sciences) : ‘Florentine merchant companies in the Republic of Venice and in the Kingdom of Hungary during the first decades of the 15th century. A comparative analysis of commercial and social relations’.
L. Binz (Institut Universitaire Européen) : ‘Latin Catholics in Constantinople 1650-1750’.

16h00 : Conclusions.

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