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OFFENSTADT Nicolas

Situation actuelle

Maître de Conférences habilité à diriger des recherches (2012), Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Activités de recherche

Création, direction et animation de l’Observatoire du centenaire de la Grande Guerre à l’Université de Paris 1

L’Observatoire été progressivement mis en place à partir de l’automne 2013 sous l’égide de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Institut Guerre et Paix) avec le soutien de la Mission du Centenaire.

L’Observatoire se veut un outil de temps court, apte à donner des éclairages historiens sur des enjeux présents, sur des commémorations en cours. Il voudrait aussi alimenter les réflexions et les études sur les usages du passé. Il s’est ainsi doté d’un compte Twitter : @ObsCentenaire

A l’évidence, si la documentation et des éléments de compréhension sont déjà rassemblés pendant le déroulement même des commémorations, cela facilite et prépare des études qui auront le recul nécessaire et déploieront des protocoles de recherches ad hoc. C’est ici son rôle de temps long. L’Observatoire espère ainsi servir une histoire décloisonnée et transnationale de la Grande Guerre et de ses effets, comme elle se développe depuis quelques années.

L’ensemble articule deux grands types de présentations et travaux : des vues larges, notamment par pays, par régions de France, qui permettent de situer le centenaire dans un contexte mémoriel global, et, d’autre part des études à une échelle micro qui rendent compte et analysent une cérémonie, une exposition ou toute autre activité liée au centenaire. La perspective est résolument internationale, tant du point de vue des auteurs et collaborateurs, que des thèmes traités. De nombreuses contributions sont traduites de l’Allemand, de l’Anglais, ou de l’Italien

Le site contient plus de 80 contributions et autant sont en préparationJ’en ai rédigé une dizaine personnellement.

https://www.univ-paris1.fr/autres-structures-de-recherche/lobservatoire- du-centenaire/ 

Mémoires de RDA. Mémoires en RDA.

Depuis 2012, mes recherches portent sur les enjeux de mémoire autour de la République Démocratique Allemande (RDA). Le premier chantier est une enquête collective sur un thème inédit : « L’héritage rouge du Front. Les mémoires de la Grande Guerre en RDA ». Pendant des années de travail sur les mémoires de 14-18, j’avais remarqué d’une part que les usages mémoriels de la Grande Guerre dans le monde communiste était fort peu étudiés et d’autre part que les acteurs enchâssaient souvent les récits de guerre dans une théologie révolutionnaire centrée sur 1917, ce qui laissait dans l’ombre les expériences des années 14-17 elles-mêmes. Il fallait y revenir. La RDA constituait un excellent terrain de départ pour éprouver ces interrogations. Dans quelle mesure une part de la pensée, des idées et de la pratique communiste est-allemande pouvait-elle trouver son origine dans les tranchées de la Première Guerre mondiale ? Comment ce conflit a-t-il constitué une expérience fondamentale pour les communistes allemands entre 1918 et la création de la RDA en 1949 ? Comment cet héritage a-t-il été retravaillé et présenté en République Démocratique Allemande, dans l’armée ou dans la littérature et l’art, si centraux dans les politiques du Régime ? Comment a-t-il circulé dans le monde communiste en général ? Pour essayer de donner des réponses à ces questions, il fallait travailler avec des spécialistes des deux périodes. C’est pourquoi j’ai conduit ce programme de recherche avec Emmanuel Droit. Un séminaire de recherche international s’est d’abord déroulé pendant l’année universitaire 2015-2016 en alternance entre le Centre Marc Bloch (Berlin) et l’Université Viadrina (Francfort Oder). Nous l’avons conclu par un colloque (1-2 juin 2016), avec les mêmes participants pour approfondir les échanges, et aussi avec de nouveaux pour élargir les thèmes. Le sujet a même attiré la radio allemande qui l’a évoqué sur ses ondes (Deutschlandfunk, http://www.deutschlandfunk.de/tagung-erste-weltkrieg-in-der-geschichtsschreibung-der-ddr.1148.de.html?dram:article_id=356736). Pour ma part, j’ai traité de la mémoire des mutineries de la marine (1917-1918) et en particulier du Monument de Rostock à partir des archives des sections locales du Parti communiste Est-Allemand (SED). 

L’ensemble des résultats sera publié en Allemand chez Ch. Links - le volume est accepté - en 2018. Emmanuel Droit et moi nous nous attelons aussi à publier un article d’ensemble sur la question en français. La publication de ces travaux sera mon chantier principal dans l’année à venir. 

Par ailleurs – second thème – depuis 2013, date de mon dernier livre, je prépare une enquête de terrain sur les traces de la RDA dans l’Allemagne contemporaine, qui se veut aussi une prolongation de mes travaux sur les formes mémorielles contemporaines. À l’Université de la Viadrina, où j’ai enseigné deux ans, dans l’ex-Allemagne de l’Est donc, j’ai trouvé un terrain favorable, à la fois à l’Université et dans la ville pour approfondir le travail, engagé en 2012, qui paraîtra à l’automne 2018 chez Stock. J’ai accompagné ma propre enquête de plusieurs séminaires de Master, l’un sur l’histoire de Frankfurt/Oder à l’époque de la RDA, un autre sur les mémoires de la RDA depuis 1990, et enfin à la jonction des deux thèmes, un autre sur les usages de l’histoire dans le Bloc de l’Est, avec une collègue spécialiste de la Pologne et de la Bulgarie. 

La dimension locale de l’enquête a rencontré aussi l’intérêt de la presse, avec Rita Aldenhoff-Hübinger, nous avons publié ainsi une série dans le quotidien régional Märkische Oderzeitung  : « Les traces de la DDR ». Il s’agit à chaque fois, de partir d’une trace matérielle de la RDA dans la ville, pour poser des questions d’histoire et de mémoire plus générales. Ces chroniques ont été publiées régulièrement depuis octobre 2016 jusqu’en juillet 2017 (17 articles).

Enfin ce travail sur les traces est à l’origine d’une exposition « Éclats DDR-RDA Splitter », qui s’est tenue à l’Institut français de Berlin en mai-août 2017, articulant objets, photos et travail historien sur les traces de la RDA à Frankfurt Oder. Nous en avons rendu compte dans un article des Cahiers d’histoire, revue d’histoire critique en 2018 (« Éclats DDR- RDA Splitter, ou comment exposer les traces de la RDA : une expérience »). 

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