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Recherches en cours

Techniques et économie des carburants nationaux/carburants de remplacement

Ces travaux visent notamment à démontrer comment une filière non économique construit un discours et des pratiques industrielles dans le but de susciter l’attention des pouvoirs publics, et recevoir les soutiens indispensables à sa survie, tout comme l’évolution des moyens utilisés pour renouveler ces soutiens, par le recours à des relais institutionnels, des associations professionnelles souvent éloignées des buts industriels de l’industrie des carburants nationaux. Les publications les plus marquantes sur ce sujet sont les suivantes :
J-Ph. PASSAQUI, « L’industrie des schistes bitumineux et la filière des carburants de remplacement de 1933 à 1957 », De l’histoire du transport à l’histoire de la mobilité ? Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 289 à 301, 2009.
J-Ph. PASSAQUI, « Produire des carburants liquides à partir de la houille », Le Marteau Pilon, tome XXII, juillet 2010, p. 33 à 46.
Enfin, au cours des Doctoriales de l’énergie qui se sont tenues à Blois en octobre 2013, j’ai présenté la communication suivante : « Les usines expérimentales de carburants nationaux, carburants de remplacement de 1934 à 1947 », qui a été publiée en 2014 dans le n°12 des Annales de l’électricité.

Ingénieurs, industries, innovations et entreprises (recherches en cours ou publiées depuis 2009)

Ces travaux portent essentiellement sur l’histoire des techniques des industries extractives, ainsi que sur l’industrie sidérurgique, pour les XIXe et XXe siècles. Ils s’orientent vers l’étude du comportement des industriels, directeurs et ingénieurs des grands groupes sidérurgiques et miniers français, en vue d’encourager l’innovation et le développement des firmes, sur l’articulation entre l’administration des Mines, les grandes associations professionnelles et les ingénieurs civils, afin de coordonner l’activité industrielle. Ils visent notamment à étudier les modes de transmission des savoirs, la constitution d’une communauté technique mue par un but commun, face auquel les rivalités économiques et commerciales exercent une prégnance limitée. Par rapport à l’industrie extractive, il s’agira d’aborder en particulier le processus de constitution de divers groupes d’ingénieurs, indispensables à l’adaptation des conditions techniques d’exploitation à la dégradation de l’environnement géologique. Nous sommes bien dans un processus de constitution d’une élite industrielle porteuse de toute la dynamique de professionnalisation, qui prend progressivement le pas sur les possesseurs d’un savoir empirique, transmis par des générations d’ouvriers. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de l’axe 1 de l’IHMC : introduction aux « Savoirs, biens culturels et informations : pratiques et espaces », et notamment dans l’approche « Construction et réagencement », puisque notre démarche emprunte à plusieurs disciplines : sociologie, économie industrielle et, dans une certaine mesure, géologie appliquée. Ils correspondent par leur ambition chronologique, du début du XIXe siècle aux années 1980, la démarche pluridisciplinaire, la place du terrain dans la compréhension et l’évolution des savoir-faire, aux principaux thèmes abordés par le groupe d’Histoire des techniques conduit par Anne-François Garçon, et notamment l’autonomisation de la technique. Cela autorise une articulation entre les différents régimes de la pensée opératoire, par l’étude des vecteurs de transmission, d’appropriation, mais aussi de recel des savoirs techniques, ainsi que par les moyens mis en œuvre pour asseoir leur présence et en assurer l’évolution.

Avec Marco Bertilorenzi, j’ai participé à l’organisation d’un colloque qui s’est tenu à l’Université Paris I, en décembre 2014 et intitulé : « Entre technique et gestion. Les ingénieurs des mines et l’industrialisation de l’Europe , XIXe-XXe siècles ». Ce colloque visait à étudier les ICM et leurs métiers, leur influence sur l’industrie. Il répondait à une attente forte de la communauté scientifique, comme des organismes de formation et des associations professionnelles. En outre, cette démarche s’inscrit dans la continuité des travaux menés par les chercheurs de l’IHMC. En effet, depuis l’ouvrage fondateur d’Anne-Françoise Garçon, « Entre l’État et le marché », consacré à l’École des Mines de Saint-Étienne au XIXe siècle, la relation entre ingénieurs civils, entreprises, sciences, techniques et industrie, est au cœur de plusieurs travaux récents ou en cours. Outre la participation à l’organisation de ce colloque, je suis intervenu avec une communication consacrée à l’adaptation de la formation des élèves externes de l’École des mines de Paris à l’évolution technique et aux besoins de l’industrie française, au cours du XIXe siècle.
J’ai aussi achevé la rédaction du manuscrit d’un ouvrage intitulé « Les voyages forment l’ingénieur », à paraître courant 2015 aux éditions « Classiques Garnier », dans la collection Histoire des techniques. Il étudie le rôle joué par les voyages d’été dans la formation des élèves de l’École des mines de Paris, ainsi que l’influence qu’exercent ensuite ces itinéraires sur leur carrière et leurs orientations professionnelles, en prenant appui sur les visites qu’ils opèrent, au cours de la période 1850-1873, dans les houillères du Centre et du Midi de la France.
Cet ensemble de travaux devrait permettre à terme de déboucher sur la présentation d’un projet ANR, reposant sur l’évolution de la formation et de l’action des ingénieurs des mines en réponse aux besoins de l’industrie nationale, ainsi que l’influence qu’ils ont pu exercer sur le développement industriel d’autres nations.

Innovations et localisations industrielles

Dans la continuité de notre thèse de doctorat, et notamment des chapitres consacrés au redéploiement des entreprises sidérurgiques du Centre de la France, au début du XXe siècle, nos recherches ont ponctuellement porté sur les stratégies de localisation des grands groupes sidérurgiques d’Europe occidentale, dans un contexte de renouvellement des techniques et d’accélération du rythme de l’innovation.

Sécurité, perception et atténuation du risque dans le monde souterrain

Au cours de la rédaction de la thèse de doctorat, j’ai été amené à étudier les conséquences des événements politiques, sociaux, et des grandes catastrophes sur les approvisionnements d’établissements industriels, ainsi que les moyens mis en œuvre par l’administration et les entreprises pour se prémunir de ces menaces. Ces recherches initiales m’ont permis d’être sollicité, de loin en loin, à des colloques, séminaires ou à publier des articles dans différentes revues. Parmi ces interventions et communications ressortent notamment :
J-Ph. PASSAQUI, « Le poids des grands accidents miniers de France dans la politique minière des établissements Schneider », Actes du colloque 10 mars 1906, la catastrophe de Courrières… et après ? Centre historique minier de Lewarde, 2007, p. 124 à 130.
J-Ph. PASSAQUI, « Connaître, comprendre et combattre les risques dans les mines de combustibles minéraux », N°249 du Mouvement social, intitulé L’émergence du risque industriel sous la direction de Thomas Le Roux, suite au programme de recherche « Histoire des risques et des accidents industriels, France, Angleterre, Fin XVIIe – fin XIXe siècle ».
Ces communications et publications ont été accompagnées par plusieurs articles secondaires.

Patrimoine industriel et histoire appliquée

La fréquentation précoce des sites miniers, souvent encore en cours d’activité, avant même de m’engager dans des études d’histoire, a conduit à accorder une importance majeure à l’utilisation du terrain, comme source d’une « histoire appliquée », pour reprendre le concept développé par Anne-Françoise Garçon, à l’histoire des techniques. Cette articulation entre archives et études In situ constitue un axe constant de ma démarche d’historien, depuis la rédaction de mon mémoire de maîtrise. Cette originalité dans l’approche des recherches historiques se signale notamment dans les travaux suivants :
J-Ph. PASSAQUI, « Du pétrole lampant au carburant pour automobile », L’Archéologie Industrielle en France, n°42, juillet 2003, p. 26 à 35.
D. CHABARD & J-Ph. PASSAQUI, L’essence autunoise, un carburant national, Muséum d’Histoire naturelle d’Autun, 2006, 104 p. et J-Ph. PASSAQUI & D. CHABARD, Les routes de l’énergie, Epinac, Autun, Morvan, Muséum d’Histoire Naturelle d’Autun, 2007, 162 p.
J-Ph. PASSAQUI, « Le patrimoine de la grande industrie française de la carbonisation du bois », International workshop : Les patrimoines de la mobilité : état des lieux et perspectives de recherche, Lisbonne, juillet 2011, p. 69 à 82.
J-Ph. PASSAQUI, « Réflexions sur les échelles de prise en compte du patrimoine industriel », Actes du colloque Le patrimoine industriel des petites villes, Centre d’Études de la Métallurgie Nivernaise, 2013, p. 189 à 196.
Les différentes interventions participent à une dynamique plus vaste, celle d’être un relais entre le monde universitaire et les acteurs locaux, qui se traduit par les fonctions suivantes : administrateur de l’Académie François Bourdon, membre du conseil scientifique des Amis du Vieux Guérigny et rédacteur de la revue annuelle le « Marteau Pilon ».

Patrimoine géologique et minier, apports scientifiques et relais institutionnels

Outre mes travaux sur l’étude et la valorisation du patrimoine industriel, je suis régulièrement contacté par des organismes scientifiques pour contribuer à la rédaction des chapitres consacrés à l’utilisation du patrimoine industriel, dans la compréhension des processus productifs, mais aussi dans la connaissance de la constitution des collections pétrographiques, minéralogiques et paléontologiques. À ce titre, j’ai participé comme rédacteur aux ouvrages suivants :
J. DELFOUR, C. GOURAULT, J-Ph. PASSAQUI, L. SZULAK et V. THIERY, « Les minéraux du Morvan », Le règne minéral, revue française de minéralogie, hors série XIII, 2007, 130 p.
G. GAND, J-J. CHATEAUNEUF, M. DURAND, D. CHABARD & J-Ph. PASSAQUI, « Early Permian continental environments in the Autun Basin », Publication de l’Association des Sédimentologistes Français, n°56, Paris, 2007, 36 p.
Depuis, cette collaboration avec les sciences de la Terre s’est poursuivie avec les articles suivants :
J-Ph PASSAQUI, « Quels choix de mise en valeur pour le patrimoine géologique et minier du bassin de Bourgogne-Nivernais ? » Géologues, Revue de l’Union française de géologie, juin 2010, p. 86 à 88.
J-Ph. PASSAQUI, « Le rôle des exploitations minières de la région d’Autun dans la constitution des collections paléontologiques », Annales de paléontologie, Vol. 100, n°2, Avril-juin 2014, p. 151-156.
Est aussi actuellement en préparation un ouvrage consacré par le Muséum National d’Histoire Naturelle au paléostratotype de l’Autunien, auquel je participe, sous la direction de Sylvain Charbonnier et de Jean-Sébastien Steyer, maîtres de conférences au MNHN. Ces travaux ont notamment été conduits dans le cadre du programme « Les routes de l’énergie », élaboré en partenariat avec le Muséum d’Histoire Naturelle d’Autun et la Société d’Histoire Naturelle d’Autun, qui a permis aux collectivités locales de disposer d’une véritable expertise sollicitée pour la restauration et la mise en valeur des principaux vestiges miniers de la région, ainsi que pour proposer une valorisation des patrimoines miniers et géologiques locaux.

 

 

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