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Formes et fonctions du dessin technique (xvie-xxe siècle)

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14 octobre 2020, 9 h – 16 h
Bibliothèque de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale
4 Place Saint-Germain des Prés, Paris 6e

Il sera possible de suivre la séance via Zoom. Pour celles et ceux qui le souhaiteraient, merci de le signaler à Liliane Hilaire-Pérez (liliane.perez@wanadoo.fr).

Programme de recherche soutenu par le Labex HASTEC, le Centre Alexandre Koyré (CAK) et l’IHMC.

Journée organisée par Daniel Blouin, Gérard Emptoz, Liliane Hilaire-Pérez, Valérie Nègre et la Commission Histoire de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale

9 h : Accueil

9 h 30 : Introduction : Daniel Blouin, Gérard Emptoz, Liliane Hilaire-Pérez, Valérie Nègre

10 h : Marina Giardinetti (Ecole des Chartes)
Quand le manuel oriente l’apprentissage : les femmes et le dessin

Cette communication a pour objectif d’analyser l’apprentissage destiné aux femmes dans les arts décoratifs. Nous nous demanderons quels sont les supports, quels sont les réseaux, quelles sont les ambitions des structures de dessin. Nous comparerons la France et l’Angleterre afin de comprendre comment les deux poids lourds de l’Europe ont réussi à se distinguer dans les arts décoratifs à partir des arts féminins. Les sources proviennent notamment de la Society of arts de Londres et des manuels destinés à des femmes publiés au xviiie siècle.

10h 30. Yohann Guffroy (École polytechnique fédérale de Lausanne)
Exploration graphique au sein des Transactions of the Society of Arts (1770-1843)

Notre objectif est de présenter ici l’évolution du dessin d’objet technique au sein de l’organe de communication de la Society of Arts de Londres, les Transactions (1770-1843). Pour cela, nous parcourrons à la fois les pré-publications manuscrites et les imprimés afin de comprendre comment ont évolué ces représentations. Nous verrons par exemple qu’en ce qui concerne la partie manuscrite, les dessins à notre disposition sont de moins en moins réalisés par les candidats eux-mêmes et délégués à des dessinateurs professionnels. Outre l’aspect du dessin qui change, ce sont aussi les informations apportées au sein de l’espace graphique qui se modifient. Le dessin devient « prêt à l’emploi », le code des couleurs change, le rapport au texte se fait plus net, plus standardisé. Du point de vue des gravures de ces mêmes dessins, on notera par exemple le passage d’un objet « en perspective » à une forme beaucoup plus épurée, « en trait », se rapportant au dessin d’usine.

11h : Daniel Blouin et Gérard Emptoz (Société d’encouragement pour l’industrie nationale)
La Société d’encouragement pour l’industrie nationale et l’image multipliée. 
Techniques et usages de l’image dans un projet d’Encouragement (Années 1800-1900)

La Société d’encouragement pour l’industrie nationale s’est largement appuyée sur l’image didactique, dans une acception plus large que le seul dessin technique, comme outil d’évaluation et comme moyen de promotion de l’invention. Elle s’est parallèlement et durablement intéressée aux techniques qui permettent de produire cette image et de la reproduire le plus largement possible : polytypage, lithographie, photographie, cinéma. Elle n’a pas seulement considéré ces techniques comme des instruments de sa propre activité, mais pour le champ nouveau qu’elles offraient, pour des productions à usage documentaire ou didactique, et, au-delà, pour la diffusion de contenus à valeur esthétique ou de simple distraction. Nous voudrions confronter les raisons et les aspects de ce lien tissé entre technique et usages globaux de l’image au xixe et au début du xxe siècle, et le projet général d’Encouragement que la Société porte dans la majeure partie de cette période.

11 h 30 : Laëtitia Zicavo (Université de Paris)
Le dessin d’ornement et les Sociétés des arts : “savoirs-utiles” et gammes de produits au cœur d’une économie de la variété (1750-1880)

Les sociétés des arts européennes ont cherché, aux xviiie et xixe siècles, à encourager les progrès et les perfectionnements de l’industrie. Elles portent un intérêt particulier aux produits de consommation, qu’ils soient courants ou luxueux. Le dessin d’ornement fait pleinement partie de l’économie du produit promue par trois sociétés : la Société d’encouragement pour l’industrie nationale de Paris, la Royal Society of arts de Londres et la Société des arts de Genève.

Si le dessin a incontestablement un aspect esthétique, il représente aussi une valeur ajoutée plus technique à des produits aux gammes toujours plus larges. Que cela soit à travers l’impression sur faïence, la peinture sur velours, la gravure d’ornements sur bois ou métal et tant d’autres, le dessin est au cœur des préoccupations de ces institutions. En tant que véritable support à l’innovation, il s’inscrit dans un mouvement plus large de diversification des procédés décoratifs et des matériaux utilisés.

12 h : Timothée Deldicque (Centre Alexandre Koyré)
Le dessin technique : une voie moyenne pour introduire l’éducation technologique au collège (1962-1970)

Nous reviendrons d’abord sur la constance avec laquelle les acteurs de l’Enseignement technique français, structuré depuis la fin du XIXe siècle, revendiquent la valeur culturelle et éducative des techniques en mettant en avant l’enseignement du dessin technique, considéré comme la langue universelle des techniques. Puis, nous mettrons en parallèle cette revendication avec l’importance prise par le dessin technique au sein de l’éducation technologique initiée au collège dans les années 1960, au moment où l’Enseignement technique est fondu dans le second degré et doit se couler dans la forme scolaire. Basée sur une rationalité analytique privilégiant les savoirs théoriques formalisés, la forme scolaire constitue un cadre peu propice à l’émergence d’une technologie qui restitue aux techniques toute leur dimension synthétique. Le dessin technique apparaît alors comme une voie moyenne. Il rend possible une abstraction concrète des techniques qui ne se rabat pas sur une formalisation analytique.

12 h 30 : Discussion

Pause déjeuner

14 h 30 : Amélie Dessens (Ecole des Mines, Paris)
Présentation du projet d’exposition sur les dessins de l’École des Mines de Paris

La bibliothèque de l’École des mines de Paris conserve dans ses collections des témoignages variés de la place du dessin dans la formation de l’ingénieur des mines, de la fin du xviiie au milieu du xxe siècle. Cette intervention présentera les grands axes de l’exposition prévue sur ce thème en 2021 à partir des archives et des ouvrages anciens du fonds patrimonial.

Indispensable compétence qui fut même exigée à l’origine pour l’admission, le dessin est aussi enseigné à l’École : bases « classiques » avec des exercices autour de bustes en plâtres, dessin technique et industriel, jusqu’au lever topographique où l’on perçoit l’importance de la géométrie. Les « Journaux et Mémoires de voyage de MM. les Élèves », collection de rapports de visite de sites industriels et miniers, sont aujourd’hui l’une des principales sources d’étude de la production des croquis et schémas des élèves issus de cette formation et seront donc particulièrement mis à l’honneur. Il faut y ajouter un certain nombre d’exercices de levers topographiques superbement aquarellés.

Si la qualité n’est pas toujours homogène, certains élèves font preuve d’un vrai talent artistique qui se retrouve aussi dans les livrets des Petites revues annuelles. Le dessin se fait alors récréation : à l’illustration théâtrale se mêlent joyeusement les caricatures des enseignants.

15 h : Daniel Blouin et Gérard Emptoz
Présentation des fonds de la Société d’encouragement pour l’industrie Nationale et poursuite de la discussion.

Publié le 7 octobre 2020, mis a jour le jeudi 8 octobre 2020

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