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Le Nouveau Testament d’Érasme (1516) - Regards sur l’Europe des humanistes

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Érasme, par Quentin Metsys, 1517

Journée d’étude organisée par Thierry Amalou et Jean-Marie Le Gall
Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne | IHMC

Mardi 13 décembre 2016, salle de formation, Bibliothèque Universitaire de la Sorbonne (Paris 5°)

En raison du plan Vigipirate, l’inscription est obligatoire auprès de Thierre Amalou

La célébration du 500e anniversaire de l’édition du Novum Instrumentum nous fournit l’occasion de revenir sur la portée de cet événement éditorial, sa signification dans le monde des humanistes, son apport à la figure d’autorité incarnée par Érasme dans l’Europe savante. Sylvana Seidel Menchi, qui prépare actuellement plusieurs travaux sur ce thème, nous aidera à faire le point sur une recherche foisonnante et sur les pistes fécondes qui s’offrent aux historiens [1].

Trois aspects seront particulièrement abordés lors de cette rencontre qui réunira chercheurs français et étrangers, historiens et littéraires spécialistes de l’humanisme.

Restituer les Écritures ou corriger la Vulgate ? Le projet humaniste.

Nous savons que le travail de restitutio des textes antiques était au cœur des préoccupations intellectuelles des humanistes, de leur intérêt pour les langues anciennes et de leur quête fiévreuse des manuscrits anciens. Mais le rapport au texte biblique était aussi la source d’une forme de piété qui justifie le syntagme « humanisme chrétien ». Entre les Annotations de Laurent Valla et le corpus des Paraphrases, quelle place occupe le Nouveau Testament de 1516 (et ses rééditions successives) dans le façonnement de la Philosophia Christi d’Érasme ?

Sans minorer le caractère novateur de l’œuvre (la première édition offrant pour la première fois une version grecque du Nouveau Testament en regard de la version latine), il est aujourd’hui admis qu’Érasme visait moins à présenter une nouvelle traduction qu’à corriger la Vulgate. Les règles herméneutiques qui l’ont guidé seront à nouveau examinées et comparées tout particulièrement avec celles de l’autre figure marquante de l’humanisme évangélique : Jacques Lefèvre d’Étaples. Comment mieux comprendre ces grands humanistes à travers leurs méthodes philologiques ou exégétiques, leurs querelles théologiques (l’épître aux hébreux) ? Quelles différences spirituelles et théologiques entre la Philosophia Christi d’Érasme et la Christiformitas de Lefèvre ?

Pour mieux répondre à ces questions, il conviendra également de s’intéresser au cycle des œuvres patristiques qu’Érasme inaugure dès 1516. La parution simultanée du Nouveau Testament et des œuvres de saint Jérôme n’est pas fortuite, le labeur exégétique d’Érasme s’inspirant de la figure tutélaire de l’auteur de la Vulgate[2]. Cette inspiration explique-t-elle l’audace intellectuelle d’Érasme qui, dans l’édition de 1516 du Nouveau Testament, supprime le comma johanneum  ? D’autres figures des pères de l’Église, comme Origène et Augustin, pourront être interrogées afin d’éclairer les débats scripturaires et théologiques contemporains.

Collaborer. Les réseaux savants d’Érasme.

L’activité des humanistes ne se comprend pas sans prendre en compte leurs échanges quotidiens avec les imprimeurs-humanistes. Si l’édition du Nouveau Testament semble avoir été précipitée par les exigences de l’imprimeur Johannes Froben, elle ne constitue en rien une œuvre solitaire. D’autres collaborations savantes peuvent être saisies à travers notamment le commerce épistolaire au sein de la République des lettres (Érasme et Budé).

Comment s’organise ce travail collaboratif et son insertion dans les lieux de savoir (Bâle, Paris, Louvain, Alcala…) ? Quelles concurrences se dessinent et selon quels motifs (par exemple entre les cercles patristiques parisiens et ceux du monde germanique) ?

Transmettre et juger. La réception de l’œuvre.

La publication du Nouveau Testament, à la fois séisme et succès éditorial, suscita engouement et hostilité. Comment cette réception différenciée s’opéra-t-elle selon les lectorats (des laïcs aux universitaires), les horizons culturels, géographiques et religieux ? Une place privilégiée sera accordée au combat des censeurs d’Érasme guidés par l’intransigeance d’une partie des docteurs de la Faculté de théologie de Paris. Au-delà de l’opposition connue entre humanistes et scolastiques, quel était le statut de la Vulgate pour ceux que les pratiques exégétiques d’Érasme scandalisaient ?

Si la publication de 1516 visait un lectorat savant, pouvait-elle néanmoins ouvrir la voie à une nouvelle appropriation du texte biblique qu’Érasme aurait aimé faire partager aux simples, aux femmes et aux paysans ? Ce dernier point conduira à s’interroger sur le voisinage entre l’œuvre d’Érasme et les aspirations religieuses à la Réforme au xvie siècle.

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Programme

9 h 00 Accueil des participants et du public.

9 h 30 Introduction : Thierry Amalou (Université Paris 1, IHMC)

 Le Novum Instrumentum d’Érasme : les enjeux de la critique biblique ; la réception d’une œuvre majeure de la Renaissance

Restituer les Écritures ou corriger la Vulgate ? Le projet humaniste.

9 h 50 Présidence de séance : Bernard Roussel (directeur émérite à l’EPHE).

  1. Sylvana Seidel Menchi (Université de Pise)
    Érasme et le Nouveau Testament, 1516 – 1535 : Le défi, le repli, l’expiation ?
  2. André Godin (CNRS)
    Novum Instrumentum, Philosophia Christi : enjeux et mise en œuvre d’un humanisme biblico-patristique
  3. Luigi-Alberto Sanchi (CNRS, Institut d’Histoire du droit)
    Guillaume Budé et la critique érasmienne du Nouveau testament en latin

11 h 00 Discussion 

11 h 30 Pause

Collaborer. Les réseaux savants d’Érasme.

12 h 00 Présidence de séance : Isabelle Pantin (ENS, IHMC).

  1. Marie Barral-Baron (Université de Franche-Comté, LSH)
    Réseaux savants et travail collaboratif autour du Nouveau Testament d’Érasme
  2. Jonathan Reid (East Carolina University)
    Les éditions fabristes de la Bible et Érasme

13 h 00 – 14 h 30 : Pause déjeuner

Transmettre et juger. La réception de l’œuvre.

14 h 30  Présidence de séance : Frédéric Barbier (EPHE, IHMC).

  1. Christine Bénévent (École des Chartes)
    François Ier lecteur d’Érasme
  2. Alexandre Vanautgaerden (Bibliothèque de Genève)
    Éditer le Nouveau Testament à Bâle et à Genève (1491-1540)

15 h 30 Discussion

16 h 00 Pause

16 h 30 

  1. Malcolm Walsby (Université de Rennes 2 , CERHIO)
    Les éditions du Nouveau Testament d’Érasme en France et leur diffusion
  2. Gilbert Fournier (CNRS, IRHT)
    Érasme dans la bibliothèque personnelle de Louis Ber (1479-1554)

17 h 30 Discussion

18 h 00 Conclusions : Jean-Marie Le Gall (Université Paris 1, IHMC)


[1] Sylvana Seidel Menchi, Kaspar Von Greyerz et Martin Wallraff, elle a publié Basel 1516. Erasmus Ausgabe des Neuen Testaments, Tübingen, 2016.

[2] André Godin, Erasme de Rotterdam. Vie de saint Jérôme, Turnhout, 2013. 

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