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[Séminaire doctoral] Révolution, République et Corruptions. 1789-1815 et au-delà (S1)

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Séminaire doctoral (S1) de l’Institut d’histoire de la Révolution Française (IHRF-IHMC)

Sous la direction de Annie Jourdan, Frédéric Monier et Pierre Serna

Le mercredi de 17 h à 19 h
Salle Marc Bloch, escalier C deuxième étage
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
17, rue de la Sorbonne, Paris 5e

Contact : pierreserna@wanadoo.fr

Le beau titre du livre de Mona Ozouf, L’homme régénéré, dit à lui seul combien la corruption fut au cœur du processus révolutionnaire et comment la geste, commencée au mois de mai 1789 avait pour but de lutter spécifiquement contre ce qui était devenu un des marqueurs ontologiques d’un régime plus qu’ancien, en quasi putréfaction pour nombre d’acteurs radicaux prenant part à son effondrement.

225 ans plus tard, la corruption demeure un des poisons de la politique et fait le lit des populismes ou de lois plus ou moins efficaces de moralisation de la vie politique.

Qu’est-ce à dire ? Qu’il existerait une « nature » de la corruption inhérente à une autre « nature » humaine par-delà les générations et les régimes ? Ou que plutôt que de placer originairement la corruption, faut-il incriminer d’abord la politique dans ses jeux de liens, de vénalité, d’intéressement, d’influence, comme initiatrice de la corruption ? Ne faut- il pas plutôt d’emblée distinguer et différencier les types de corruptions, passives, actives, personnelles, collectives, morale, structurelle, et les contextualiser de façon précise par l’étude de leurs acteurs, autant que leur mode de dévoilement et de discussion dans l’espace public. Que vaut-il mieux ? Un pays qui est traversé de scandale lié aux phénomènes de corruptions qui parviennent à la connaissance du public ou bien un pays qui semble intègre et dont les élites cachent fort bien leurs délits par exemple ? Évidemment il vaut encore mieux un pays sans corruption, où la vertu s’impose à tous, mais est- ce là une utopie ou une dictature de la liberté, et où se trouve ce pays ? Les travaux fondamentaux d’Albert Mathiez en son temps avaient démontré combien le gouvernement révolutionnaire avait consacré une partie de son énergie à lutter contre les formes de la corruption, tout en vantant la vertu comme socle de la citoyenneté, et nombre d’historiens ne voient du Directoire que la corruption de ces élites sans retenir le programme de construction des mœurs républicaines tenté par les savants entre 1795 et 1799… C’est donc autant une réflexion sur la république et ses travers, mais aussi sur les acteurs et les actions de la corruption au temps de la Révolution et de la mise en place du Directoire qui occuperont nos séances cette année avec des spécialistes français et venus d’ailleurs pour évoquer l’engrenage de dysfonctionnements dans leurs dimensions conjoncturelle et structurelle.

De plus, cette année nous invitons une équipe de collègues contemporanéistes, travaillant depuis plusieurs années sur les pratiques de la corruption dans les républiques contemporaines. Puisque la Révolution française et les modèles républicains qui en sont l’héritage initient le monde contemporain, il peut être intéressant d’ouvrir l’arc chronologique et échanger sur les méthodes, les analyses et les résultats comparés de nos enquêtes, engagées depuis le 18e jusqu’au 20 e siècle, et se donner le moyen d’étudier le fléau contemporain et originel de la cité républicaine dans ses formes spécifiques, fléau à éradiquer et renaissant différemment.

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