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Traduire l’histoire. Pratiques et acteurs de la traduction en histoire et histoire de l’art

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Journée d’études organisée par Michela Passini et Blaise Wilfert Portal

Lundi 8 octobre 2018

Salle IHMC (escalier D, 3e étage)
ENS
45 rue d’Ulm, Paris 5e

Programme

9 h 30 : Accueil des participants

9 h 40 – 10 h : Introduction

Michela Passini (CNRS-IHMC) et Blaise Wilfert Portal (École Normale Supérieure-IHMC)

10 h – 11 h 20 : La traduction, moment clé du transfert

Un autrichien si français. Traductions officieuses et appropriation des publications de Max Dvořák en France (1904-1938)
Matthieu Fantoni (Conservateur du patrimoine)

Max Dvořák (1874-1921) fut l’un des auteurs les plus prolifiques de l’école viennoise d’histoire de l’art. De son vivant et durant la décennie qui suivit sa disparition, ses publications furent lues et commentées par les historiens de l’art français, sans qu’aucune traduction d’autorité de son œuvre en français n’ait été produite. Si certains lecteurs firent connaître ses textes en se plaçant explicitement en commentateurs, d’autres s’autorisèrent à emprunter des formulations caractéristiques, voire des chapitres entiers à l’auteur viennois, sans parfois désigner clairement leur source. Cette présentation cherche à passer en revue quelques exemples de passage des textes de Dvořák en langue française. Il s’agira de questionner chez les auteurs présentés les notions de traduction, d’appropriation et de détournement.

De sept volumes à deux tomes illustrés : la traduction italienne de L’histoire de la Révolution française de Jules Michelet
Maria Pia Casalena (Université de Bologne)

Achille Bizzoni fut l’un des principaux représentants du journalisme politique italien de la seconde moitié du xixe siècle. Sa traduction – ou plutôt son adaptation en italien – de l’Histoire de la Révolution française de Michelet fut publiée au moment des insurrections milanaises de la fin du siècle chez Sonzogno, l’un des plus prestigieux défenseurs de la démocratie dans l’espace savant italien. Radical, anarchiste pour un temps mais jamais véritablement socialiste, Bizzoni promeut grâce à l’aide de Sonzogno l’historiographie républicaine de Michelet dans le contexte tendu de cette fin-de-siècle italienne. En forçant souvent le texte de l’historien français, il en fera la dernière manifestation de la pensée démocratique et sociale de l’Europe des Révolutions.

Traductions de L’Arte moderna 1770-1970 (1970) de Giulio Carlo Argan. Migrations et interprétations d’un « libro di cultura ».
Myriam Metayer (Université Bordeaux Montaigne) et Adriana Sotropa (Université Bordeaux Montaigne)

Si L’Arte moderna 1770-1970 de Giulio Carlo Argan (1909-1992) a largement été analysée, ses traductions n’ont pas encore fait l’objet d’un intérêt spécifique. Notre communication répondra à plusieurs objectifs : nous reviendrons, dans un premier temps, sur la genèse et les acteurs de ces traductions. Puis, la comparaison, selon une approche sémiologique, de ces différents objets-livres permettra d’identifier comment le projet éditorial initial a été adapté, autant en termes matériels qu’idéologiques. Il s’agira de considérer toutes les échelles du livre : narrative, théorique et matérielle.

François Guizot et son cercle comme vecteurs d’une Histoire libérale et protestante en France : enjeux éditoriaux et idéologiques
Fiona Mcintosh-Varjabédian (Université de Lille, UR Alithila)

Après 1848, François Guizot complète son travail sur la Révolution d’Angleterre et traduit ou fait traduire par ses proches des ouvrages historiques ou des ouvrages d’historiens libéraux. Il s’agira d’examiner comment ces publications peuvent se comprendre dans le contexte d’opposition et de retrait politique de Guizot, en étudiant à la fois le choix des traductions, le choix des éditeurs et le contexte de ces œuvres au regard d’autres publications libérales (les Principes d’économie politique et Le Gouvernement représentatif de John Stuart Mill, ou la traduction de l’Histoire de la civilisation anglaise de Henry Thomas Buckle).

11 h 20 – 11 h 30 : Pause

11 h 30 – 13 h : Discussion

15 h – 16 h 20 : Le travail du traducteur

José Lázaro Galdiano, Eduardo Ovejero et la traduction espagnole du Velázquez (1888) de Carl Justi
Roland Béhar (École Normale Supérieure)

La genèse de la traduction espagnole (1907) de Diego Velazquez und sein Jahrhundert (1888, 19032), de Carl Justi (1832-1912), professeur d’histoire de l’art à Bonn, montre comment, pourquoi, et par quels réseaux fut traduit en Espagne un ouvrage majeur de l’histoire de l’art allemande de la fin du xixe siècle. On s’attachera en particulier à mettre en lumière le rôle de José Lázaro Galdiano, collectionneur, mécène et éditeur de la revue La España moderna, et on évoquera la traduction offerte fournie par Eduardo Ovejero, d’abord dans cette revue, puis comme livre.

Blaise Briod : itinéraire d’un traducteur pendant l’entre-deux-guerres
Pauline Michaud (École du Louvre)

En exposant le parcours de Blaise Briod, cette communication souhaite aborder la traduction sous un angle matériel. Il s’agira notamment de présenter la formation et les missions de ce traducteur qui intégra le réseau de coopération intellectuelle rattaché à la Société des Nations, l’Institut international de coopération intellectuelle. Le rôle de Blaise Briod dans la mise en place d’une bibliographie des bibliographies nationales, nommé l’Index Translationum, sera plus spécifiquement abordé. Ainsi, nous donnerons un aperçu du contexte dans lequel évoluait ce traducteur de l’entre-deux-guerres.

Marcel Ray. Traducteur et « passeur » d’Adolf Loos en France
Cécile Poulot (Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et Università della Svizzera Italiana - Mendrisio)

Marcel Ray (1878-1952) est le premier traducteur de l’architecte Adolf Loos (1870-1933) en langue française dans la revue Les Cahiers d’Aujourd’hui en 1912. L’étude du processus de découverte puis de traduction de l’œuvre écrite de Loos par Marcel Ray révèle la trajectoire riche et multiple de cet enseignant normalien agrégé d’allemand également journaliste et diplomate. L’implication de Ray dans le processus éditorial de la revue et la réception de ses traductions feront l’objet de cette communication.

« Une culture traductrice » : quand les historiens de l’art (se) traduisent
Émilie Oléron Evans (Queen Mary, University of London)

Cette communication interroge les sens de la formule : « l’histoire de l’art est une culture traductrice » (Michel Espagne) dans le contexte d’une histoire matérielle des traductions. Nous observerons comment les historiennes et historiens d’art, impliqué.e.s dans la formulation collective et internationale de leurs savoirs, ont besoin, font usage, et sont à l’initiative de la traduction de leurs propres recherches ou des travaux de leurs pairs, et comment ce rapport aux textes étrangers affecte les stratégies éditoriales de la discipline.

16 h 20 – 16 h 30 : Pause

16 h 30 – 18 h : Discussion

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