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DALACHANIS Angelos

Chargé de recherche au CNRS

Ancien membre de l’École française d’Athènes

Docteur en histoire et civilisation de l’Institut universitaire européen (Florence).

Co-directeur de la collection Open Jerusalem aux éditions Brill.

Membre du comité de rédaction des revues : Diasporas. Circulations, migrations, histoire ; Rives méditerranéennes ; Bulletin de correspondance hellénique, moderne et contemporaine (BCHmc).

Thèmes de recherche

  • Histoire des migrations en Méditerranée (xixe – xxe s.)
  • Histoire du travail et des entreprises (xixe – xxe s.)
  • Histoire de la diaspora grecque (xixexxe s.)
  • Histoire des archives en Méditerranée ottomane et post-ottomane

Parcours professionnel

Depuis janvier 2021 – Chargé de recherche au CNRS (IHMC - UMR 8066)

2016-2020 – Membre scientifique de l’École française d’Athènes, section moderne et contemporaine.

2014-2019 – Chercheur associé au projet de recherche Opening Jerusalem Archives : For a Connected history of ‘citadinité’ in the Holy City (1840-1940), dirigé par Vincent Lemire. (ERC Starting Grant 2014-2019).

2014-2015 – Chercheur postdoctorant au Centre d’études helléniques Stanley J. Seeger ’52 de l’Université Princeton.

2013-2014 – Chargé de cours à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée.

2012-2014 – Chercheur postdoctorant de l’Université Aix-Marseille (LabexMed) accueilli par le laboratoire IREMAM (UMR 7310).

2011-2012 – Chercheur postdoctorant au laboratoire Analyse comparée des pouvoirs, (EA 3350) de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée.

Voir sa page sur Academia

Élu chargé de recherche au CNRS au concours de 2020, Angelos Dalachanis rejoint l’IHMC en 2021.

Docteur en Histoire et Civilisation à l’Institut Universitaire Européen (Florence), il a effectué des recherches postdoctorales dans les universités Aix-Marseille et de Princeton et a été associé en France à des projets de recherche régionaux, nationaux et européens. Avant sa prise de fonction au CNRS, il était membre scientifique de l’École française d’Athènes. Ses recherches portent sur l’histoire de la Méditerranée orientale à l’époque contemporaine.

De la Jérusalem ottomane à l’Égypte nassérienne, les recherches d’Angelos Dalachanis associent depuis des années l’analyse de fonds documentaires inédits avec les enquêtes de terrains poussées, en Europe et au Proche-Orient. Ses travaux éclairent des phénomènes liés à des aspects de l’histoire sociale des provinces arabes du monde Ottoman, en s’attachant à l’étude des populations grecques dans la période de transition de l’Empire ottoman aux tutelles coloniales, puis aux États-nations. Angelos Dalachanis observe cette transition à travers, notamment, les mouvements de populations et l’évolution du monde du travail – en particulier dans les entreprises liées à la présence du colonialisme au Proche-Orient (par exemple, la Compagnie universelle du canal maritime de Suez) – ainsi qu’à travers les transformations des communautés urbaines des villes à caractère colonial (comme Port-Saïd et Ismaïlia), ou religieux (comme Jérusalem). Les résultats de ses recherches ont parus en français, en anglais et en grec.

De la Jérusalem ottomane à l’Égypte nassérienne, ses recherches associent depuis des années l’analyse de fonds documentaires inédits avec les enquêtes de terrains poussées, en Europe et au Proche-Orient. Ses travaux éclairent des phénomènes liés à des aspects de l’histoire sociale des provinces arabes du monde ottoman, en s’attachant à l’étude des populations grecques dans la période de transition de l’Empire ottoman aux tutelles coloniales, puis aux États-nations. Angelos Dalachanis observe cette transition à travers, notamment, les mouvements de populations et l’évolution du monde du travail – en particulier dans les entreprises liées à la présence du colonialisme au Proche-Orient (par exemple, la Compagnie universelle du canal maritime de Suez) –, ainsi qu’à travers les transformations des communautés urbaines des villes à caractère colonial (comme Port-Saïd et Ismaïlia) ou religieux (comme Jérusalem). Les résultats de ses recherches ont parus en français, en anglais et en grec.

Angelos Dalachanis a intégré le CNRS avec un programme de recherche sur les Migrations et le travail en Méditerranée orientale (mi-19e–mi-20e s.), portant en particulier sur les populations grecques de cette région. La période étudiée s’ouvre avec la fin de la guerre de Crimée, qui marque l’entrée de la région dans une ère de mondialisation, et se termine par la Crise de Suez et la fin de la présence coloniale au Proche-Orient. Son projet est porté par trois ambitions scientifiques, qu’il entend inscrire dans une dynamique collective au sein de l’IHMC. Ces ambitions concernent : a) l’espace de la Méditerranée orientale, b) les catégories d’analyse de ses sociétés, et c) l’histoire du travail des populations mobiles.

a) Il s’agit d’abord de mettre en évidence les entrelacements entre les différents territoires de la Méditerranée orientale. En ce sens, son projet diffère profondément des analyses souvent menées sur les populations minoritaires dans cet espace. Surtout inscrites dans des cadres nationaux, elles ont eu tendance à surévaluer l’importance des États-nations fondés dans la première moitié du 20siècle. Pour sa part, Angelos Dalachanis cherche à reconstituer les chaines migratoires sur un temps long et sur plusieurs générations. Ces chaînes connectent, en Méditerranée orientale, des espaces souvent étudiés de manière séparée : d’un côté, les Balkans (généralement traités comme une partie de l’Europe mais « éloignés »), et, de l’autre, le Proche-Orient (le plus souvent analysé d’après une grille de lecture culturelle réduite à la dimension confessionnelle).

b) La deuxième ambition de ce projet est de dépasser les catégories d’analyse des sociétés de la Méditerranée orientale, qui les enferment dans des schémas binaires : par exemple, les rapports protecteurs / protégés ou colonisateurs / colonisés. De ce point de vue, les Grecs dits d’Orient offrent un observatoire unique du fait minoritaire en Méditerranée orientale. Leur situation éclaire en effet celle d’autres populations minoritaires allogènes et autochtones de la région, comme les Arméniens, les Juifs, ou les Italiens. Dans le même temps, les Grecs représentent la population allogène la plus nombreuse d’Égypte, l’une des plus importantes du Proche-Orient, mais aussi l’une des plus stratifiées sur le plan socio-économique : cette population comptait aussi bien des magnats que des très pauvres. Elle était dotée de ses propres organisations communautaires séculières et religieuses, déterminantes dans leur rapport avec l’État-nation grec en construction.

c) La troisième ambition concerne l’histoire du travail. Celle-ci est aujourd’hui de plus en plus étudiée dans une perspective transnationale et le programme d’Angelos Dalachanis s’inscrit pleinement dans ce renouvellement de perspective. Dans le cas des Grecs d’Orient, cette histoire recouvre des métiers et des situations très disparates : leur travail peut être qualifié ou non, salarié ou non, s’exercer dans de grandes, moyennes ou petites entreprises, ou dans des commerces de détail ou de gros, ou encore dans diverses professions libérales. L’enjeu consiste à étudier comment les Grecs s’inscrivent dans ces différents types d’emplois, qui leur permettent de s’enraciner ou bien, au contraire, d’envisager de nouvelles mobilités, proches ou lointaines.

Publié le 17 décembre 2020

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